Radio Faniry Antsiranana

Le mot du Directeur
« J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir », annonçait Jésus à ses disciples, dans les minutes qui précèdent la dernière Cène.
« Mañiry » dans le dialecte du nord veut dire « désirer ». Le substantif « Fañiry » peut se traduire par « désirable ». Il n’est pas à mettre sur le même plan que « Faniriana » qu’on peut traduire par « envie » ou « besoin de posséder quelque chose ou quelqu’un ». « Fañiry » nous renvoie à une disposition plus active. Il met en mouvement et permet de faire le bien autour de soi..
Pour lui donner toute sa portée en christianisme, il convient de rappeler que le désir est une composante des trois vertus théologales. La foi chrétienne se nourrit du désir de Dieu, l’espérance, du désir de vivre toujours, et la charité, du désir de l’autre. Ainsi, Radio Fañiry, de par sa mission, reconnaît le rôle essentiel du désir dans la construction de la personne humaine.
Derrière l’appellation, il y a le sens de l’émerveillement. Qui dit émerveillement dit questionnement, interrogation infinie, car les réponses apportées posent de nouvelles questions. Cela suppose de regarder un peu plus loin et un peu plus profond que ce qui semble se suffire à la satisfaction des besoins élémentaires. Radio Fañiry, la radio du Diocèse, veut aider les personnes, chrétiennes ou non, à pénétrer la complexité du réel, aussi bien spirituel (vie de foi, Bible, enseignement de l’Eglise…), intellectuel (culture, éducation, recherches, débats de sociétés…), que matériel  et environnemental (amélioration du niveau de vie, gestion du Bien commun, familial, sauvegarde de la création, questions financières…) et à inventer, à partir de là, des manières de se comporter.
Puisse Radio Fañiry rester fidèle à sa mission évangélisatrice et à son engagement. Le monde créé, qui avance cahin-caha, est destiné à la réussite. Les médias dont certains font du malheur un moyen d’asseoir leur pouvoir, semblent annoncer le contraire. Mais si l’on fait un effort de lucidité, tel est notre défi, et que l’on refuse de se laisser impressionner par le catastrophisme ambiant, on peut discerner des progrès à l’oeuvre dans nos sociétés, perceptibles sur le long terme.
Abbé Zafisoratra Simon
Diocèse d’Antsiranana